Asfeld

 

Asfeld est un petit village à 25 kilomètres au nord de Reims dans le sud des Ardennes. Dans ce village trône l’église saint Didier, chef d’œuvre d’architecture et curiosité admirable par sa singularité. Cette église est en forme d’instrument de musique et plus particulièrement en forme de viole de gambe !
          C’est en 1671 que Jean-Jacques de Mesmes, Comte d’Avaux racheta le village d’Ecry pour arrondir son fief. Il lui donna son nom (ce n’est qu’en 1728 que ce village deviendra Asfeld)                   .
           Le Comte promit à l’archevêque de Reims de reconstruire la vieille église d’Ecry ruinée par l’âge et les guerres incessantes depuis un siècle. Il tint sa promesse au-delà de toute espérance                         .
           Il voulait un bâtiment capable de perpétuer son nom dans la postérité. Il s’adressa à un Dominicain, célèbre architecte du Roi, le frère François Romain qui sera assisté par l’architecte Fleury. Toute en briques, ceinte de colonnades, couronnée de dômes, l’église Saint Didier, inspirée de l’art italien, est unique en son genre. Un chef d’œuvre de l’art baroque !

 

l'église Saint Didier

      

 

 

Je suis encore étonné du concours de circonstances qu’il a fallu pour que la viole de gambe vienne prendre pied dans notre village du sud des Ardennes        .
En cette seconde moitié de XVIIème siècle, un notable reconnu, Jean Jacques de Mesmes, Président à Mortier au Parlement de Paris, Prévôt et Maître des Cérémonies des Ordres du Roi, Conseiller d'État, Membre de l'Académie française achète le fief d’Ecry pour arrondir son comté d’Avaux.
Cet amateur des arts et des belles lettres a beaucoup voyagé pour le compte du Roi Louis XIV et notamment en Italie où il a appris à apprécier l’architecture et la musique baroque. 
Aussi, lorsqu’il promit au Cardinal Le Tellier, frère de Louvois et Archevêque de Reims de « bien rétablir l’Eglise », il voulait laisser dans son domaine un édifice qui le ferait passer à la postérité.
Ce monument étonnant, atypique, baroque, est un ode à cette musique qu’il affectionne. Sa forme de basse de viole a été voulue, pour que les prières « montent vers Dieu, portées par des ondes musicales »
En 1983, la célébration du tricentenaire voit la naissance d’une association de bénévoles qui organise une fête mémorable, avec chants, danses et défilé de chars.
Mais si l’église Saint Didier a traversé les siècles sans trop subir les dommages des guerres dont notre région a malheureusement été trop souvent le théâtre, son ennemi le plus acharné et plus pernicieux est le temps. La toiture prend eau, les fondations se délitent, il est urgent de restaurer cet édifice si nous voulons transmettre à nos enfants autre chose du passé que des images.
Trois grandes tranches de travaux sont programmées.
Dans la première, de 1994 à 1995, on entreprend la réfection du porche, du vestibule et de la nef.
La seconde partie des travaux est la plus longue et la plus difficile, elle prévoit la rotonde et son toit en forme de chapiteau, tous les soubassements, ainsi que la réfection des dalles intérieures, des absidioles et d’une cloche. Cela dure 3 ans de 1998 à 2001.
C’est à la fin de cette deuxième tranche de travaux, que Christian Weeger secrétaire de la Société Française de Viole passe à proximité d’Asfeld et décide de venir visiter cette église dont on signale sur le guide cette forme étonnante de viole de gambe. Séduit également par l’acoustique de la nef, il rêve de concerts…
La réalité dépasse ses espérances, puisque c’est tout un festival qui voit le jour.
La 3ème tranche des travaux concerne la réfection des intérieurs. Entre l’état, la région, le département et la commune d’Asfeld, il faut prévoir un budget de 600 000 euros pour remettre dans l’état initial la coupole, endommagée par les infiltrations du toit et les peintures, « badigeonnées » de blanc dans les années 1970 Sans parler de la remise aux normes indispensable de l’électricité et du chauffage.
Pour une commune de 1000 habitants, c’est une lourde charge.


Les travaux ont débutés en mars 2007, et le 16 janvier 2010 a été fêté la rénovation complète de l'église.
Le 5è Festival se déroulera donc dans un joyau.
 

                                                                                                                           Jean Marc Briois

                                                                                                                                                        Maire d’Asfeld

 

 

LE FESTIVAL DE VIOLE DE GAMBE

En 2002, Christian Weeger, secrétaire général de la Société française de viole, créait, au nom de l’association, le Festival international de viole d’Asfeld.

 Le choix du lieu n’était pas indifférent, puisque s’y trouve l’une des plus remarquables églises baroques jamais construites, dont l’apparence est celle d’un instrument de musique à cordes, une viole de gambe : son plan, inspiré des édifices de l’Italie baroque, nous ramène encore au fait que c’est d’Italie, justement, que nous vint la tenue définitive de la viola da gamba. Selon le vœu fervent de l’architecte et du commanditaire de l’époque, du chœur de l’église Saint-Didier devait monter jusqu’au Ciel la voix humaine, prières, chants et musique confondus :  quoi de plus naturel, alors, que d’organiser, au sein de l’écrin de verdure qui entoure l’édifice, la manifestation la mieux à même d’illustrer cette exigence? Certes, nous ne saurions trop en remercier Christian Weeger ! Et aujourd’hui, célébrant justement l’instrument le mieux conçu pour imiter la voix humaine, notre festival 2006 réitère, qui a pour titre « La Viole et la Voix », continuant à œuvrer dans le même sens que celui des éditions antérieures, 2002 et 2004.

Le Festival international de la viole de gambe d’Asfeld est devenu en effet, dès le tout début, le moment privilégié, incontournable, favorisant la rencontre non seulement des violistes professionnels et amateurs, mais aussi des éditeurs de musique, des luthiers et des mélomanes de tout bord, amoureux d’histoire et de musique ancienne et moderne. Son ambiance unique est de plus en plus appréciée, le public amateur de plus en plus nombreux.

    
Exposition sonore                                                 Consort géant                                        Salon de lutherie